Laurent Blanc a manqué l’occasion d’impressionner ses dirigeants alors qu’il doit justement négocier la prolongation de son contrat. L’image d’un PSG fébrile, défensif et sans ressort alors qu’il disputait le match le plus important de sa saison pour

09 APR 2014 psg
Il s’en est fallu de peu, trois à quatre minutes de trop pour que Laurent Blanc ne mène le PSG à sa première demi-finale de Ligue des champions depuis 1994-1995. Trop peu sans doute pour que tout soit à jeter et que l'entraîneur parisien, promu héros de l’aller avec son opération rédemption de Pastore, soit mis au pilori, surtout après une saison où l’ancien défenseur a su inculquer une identité de jeu séduisante à son PSG. Mais cette identité, basée sur la possession de balle, est justement ce qu’il n’a pas montré mardi soir à Stamford Bridge… Et si le PSG a manqué de franchir ce fameux palier sur lequel il avait déjà buté l’an dernier sous les ordres d’Ancelotti, son entraîneur depuis juillet n’a pas été flamboyant, comme son équipe, en deçà du niveau attendu et requis à ce stade de la compétition. Mourinho a gagné son match, celui du banc. Bien sûr, le "Special One" n’a rien inventé dans sa gestion de l’avant-match. Il est toujours plus facile de regonfler un effectif battu à l’aller, de jouer sur la corde de l’ego et de la revanche plutôt que sur celui de la confirmation. Toujours prompt à se mettre en scène, le Portugais a joué avec ses artifices habituels. Cette fois, il avait choisi la technique du serpent Kaa: endormissement de l’adversaire par une série de louanges en conférence de presse, mine déconfite et discours lénifiant. En interne, il en était évidemment tout autre: "C'est incroyable, toute la journée il nous a répété qu'on allait se qualifier, raconte Eto’o dans Le Parisien ce mercredi. Il avait vu le scénario avec un but en première période et un but à la fin." Ce n’est pourtant sûrement pas là que le PSG a perdu ce quart de finale. Ce serait beaucoup trop facile et surtout bien trop flatteur pour Mourinho qui ne manquera pas de surfer sur ce succès. Laurent Blanc était prévenu, soulignant toute la semaine que l’avantage pris à l’aller serait vain sans un très bon match retour où son équipe devrait attaquer. Sauf que sur le terrain, c’est tout le contraire que son PSG a montré… Les chiffres reflètent l’image d’un Paris défensif, totalement contre-nature par rapport à son jeu cette saison mais aussi aux ambitions affichées encore lundi soir par Blanc en conférence de presse : 47% de possession de balle, son pire total depuis le début de saison. "C'est la première fois que je vois le PSG lâcher le ballon aussi vite. Peut-être était-ce l'enjeu qui a agi sur le sang-froid", analyse dans Le Parisien son ancien adjoint chez les Bleus, Alain Boghossian. Le problème, c’est que rien n’a changé au fil du match, si ce n’est une pression toujours plus forte des Blues avec notamment deux frappes successives sur la barre de Sirigu (52e et 54e). Face à cela, et à l’indigence offensive des siens, Blanc n’a pas agi. Pendant que Mourinho basculait en 4-4-2 en losange avec Ba à la place de Lampard, "Le Président" a laissé son équipe un peu plus reculer. L’entrée de Cabaye, à la place d’un Verratti encore trop tendre pour ce genre de sommet, a apporté un peu plus de sérénité à un milieu harcelé et privé de liant avec des attaquants décevants. Mais c’est tout. Blanc a opéré un coaching de réaction plus que d’action. Et c’est au moment où les espaces s’ouvraient dans la défense des Blues qu’il a choisi de faire sortir sa meilleure arme en contre, Lucas. Le Brésilien, qui a perdu un nombre incalculable de ballons, a davantage le profil de joker que de titulaire. Il avait sans doute les armes pour peser sur une fin de match face à un adversaire qui se lançait à l'abordage. Plus sans doute que Cavani, sans mordant, sans positionnement clair et sans prise de profondeur. Ce qui gêne le plus n'est pas là, mais le nom du remplaçant de Lucas. Le message envoyé par l’entrée de Marquinhos (84e) était clair. Son PSG, déjà très bas, allait un peu plus reculer, le symbole même de la frilosité déjà entrevue quand il entraînait les Bleus en phase finale de l'Euro 2012. C’était désormais le mur blanc contre l’armade blue, renforcée par Torres avec un troisième changement de schéma pour Mourinho, le 4-3-3. C'était l'obstination, le jusqu'au boutisme, la faiblesse de se dire que cela suffirait. C’était surtout à Dieu va, ça passe ou ça casse face à une équipe anglaise qui sait encore faire du "kick and rush". Au final, cela ne se joue à pas grand-chose, un peu de réussite, un ballon contré, un duel gagné avec Maxwell qui profite à Ba. Le football peut être cruel, il a été très dur pour Blanc mardi. Mais c'est bien l’échec dans son objectif numéro 1, la Coupe d’Europe, qui fait rêver ses patrons, qu'il devra désormais surmonter au moment de gagner la confiance de QSI, un actionnaire qui tarde toujours à prolonger son contrat… Pour cela, Blanc a sans doute perdu plus qu’un match mardi. Il a laissé passer l'occasion de s'imposer comme l'homme fort du PSG.

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